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Balade Bretonne de Rennes à Morlaix
 
Armor ou Arvor, pays de la mer ou pays des bois, la Bretagne a deux visages,
Le littoral d’Armorique échancré de ports que l’Avel étrille avec ses phares orgueilleux,
Surveillant une de mer de glas aux reflets bleus mêlés de vert et de gris sans âge,
L’Argoat aux pierres levées entre landes et tourbières qui dictait la cosmogonie à ses druides, demi-dieux.
 
Par son pouvoir d’attraction culturelle et économique la capitale bretonne séduit par ses attraits,
Au cœur de Rennes les maisons médiévales à pans de bois taquinent les constructions austères,
Les portes Mordelaise donnent entrée à la capitale ducale où trône le Parlement de Bretagne restauré,
La Vilaine servant autrefois de frontière entre les notables du promontoire et les laborieux de la rivière.
 
Éternelle querelle de clochers, le Mt St Michel est-il en Bretagne ou en Normandie,
Le Couesnon s’apparentant à un trait d’union entre les deux pays partageant la passion de la mer,
Dans la baie le ciel, la terre et l’eau composent des camaïeux de gris,
Sous l’œil de l’archange renvoyant la nature vers le haut et l’infini de l’esprit extrasolaire.
 
Que l’on arpente ses ruelles ou qu’on l’observe de loin, dans sa baie fascine cet icône,
Un caillou qui charme autant qu’il intrigue où la Merveille contemple la mer avancer,
Les vagues repeignant le tapis de sable et encerclant le rocher d’écume qui bouillonne,
Alors qu’aux mois d’équinoxe les miquelets en pèlerinage traversent la baie à pied.
 
Le Mont St Michel
Entre ciel et terre au bout d'un long chemin venteux,
Comme une étoile en bord de mer, il resplendit de sa lumière,
Quittant la baie et ses dangers tout en longeant la sinueuse rivière,
Au pied des murs fortifiés, nous voilà enfin sur le rocher des dieux.
 
Il y a mille ans de cela, l'archange commanda de sa voix,
Une chapelle que l'homme fera, où Paix et Sagesse vivront sous ses toits,
Le maçon ainsi commandé, bâtit par les vents et les marées,
Le Mont St Michel, un symbole et une perle de beauté.
 
Merveille de dentelle de pierre, joyau serti de ses tourelles,
Pyramide en notre Occident, sa flèche vibre dans le vent,
Tu es si belle en ta splendeur toi la fière citadelle,
Ambassadrice de la France, une sentinelle par tous les temps.
 
Au loin bien blottie dans sa baie, Cancale la bretonne se partage sur deux étages,
En bas où vivaient les marins dans les maisons basses aux façades pas larges,
Plus haut résidaient les capitaines et armateurs dans d’imposantes demeures en pierres,
Mais loin du folklore oublié des bisquines, c’est l’huître creuse qui rend la ville fière.
 
Lovée dans son berceau de verdure à flanc de colline, Combourg se mire dans le lac Tranquille,
Immortalisée par le plus illustre des romantiques, Chateaubriand en brossait sa description,
Comme « un lac tranquille qu’effleurait l’hirondelle agile où le vent courbait le roseau mobile »,
Dominé par l’impressionnant château des ancêtres de Du Guesclin aux tours médiévales d’exception.
 
C’est sur le Rocher d’Aaron que naquit au 12è s. une cité marchande à forte poigne,
Entre flibuste, morutiers de Terre Neuve et voileux de la Route du rhum, voici St Malo,
C’est sur les rives de la Rance que les bourgeois construisirent leurs malouines à la campagne,
Vauban protégea la ville des Anglais et Hollandais par une ligne de remparts et de forts sur les ilots.
 
A la confluence de 2 estuaires St Brieuc fait coexister entre ses murs les deux Bretagne traditionnelles,
Côté terre à côté de la cathédrale, place du Martray bat le cœur de la cité marchande,
Côté port les Briochins ont le choix entre sable fin et plages serties entre les rochers éternels,
Mais c’est la Cité Baby où dans les années 30 ils ont construit leur paradis de cabanons en mirande.
 
Sur les côtes du Trégor dominant la crique circulaire, un chaos de rocher se dresse sur la lande,
Des sculptures naturelles fleurissent la Côte de granit rose avec des formes pleines d’audace,
Fiché sur son socle de granit rosé, Mean Ruz, pierre rouge, au donjon médiéval balise la passe,
Au large dans Bréhat la secrète, la balade est fleurie au milieu des hortensias et agapanthes en bandes.
 
Au fond de son fjord, dans sa vallée encaissée Morlaix se cache derrière son viaduc élevé,
La maison de la Duchesse Anne, illustre dans sa venelle l’architecture Renaissance à pondalez,
Mais c’est du haut du pont du chemin de fer que l’on surplombe les toits de la ville saillants,
Où à son pied les maisons à pans de bois aux façades à encorbellement luisent comme de l’argent.
 
C’est à bord de la Nébuleuse, un grément de croisière que la rivière dévoile manoirs et petits châteaux,
Mais entre les deux phares balisant le chenal, à marée haute le Taureau semble posé sur l’eau,
Imaginé par Vauban ce bâtiment fera office de Bastille des mers pour les prisonniers politique,
Transformée en villégiature estivale, puis restaurée avec soin, la bâtisse est ouverte à la visite.
 
Dans ce pays de Morlaix, un peuple de pierre se bouscule autour des calvaires ensorceleurs,
De St Thégonnec à Gimilliau, les enclos paroissiaux sont le théâtre d’un dialogue avec l’au-delà,
Entre Léon et Trégor finistérien les paroisses rivalisent dans le faste des sculptures de gala,
Par la grâce du négoce du lin et du chanvre, les retables ont pu retracer la vie de l’époque en couleurs.
 
Pierre Loti avec « Pêcheur d’Islande » y décrit l’épopée des galériens traquant la morue,
Paimpol posé au fond de sa baie offre des paysages chatoyants au gré du ciel et des marées,
En Août le festival du Chant Marin remet la Paimpolaise de Théodore Botrel à l’honneur des rues,
Dans une belle ambiance, au milieu de centaines de vieux gréments venus du monde entier.
 
Au confluent du Jaudy et du Guindy, l’étape majeure du Tro Breiz est à Tréguier,
Les pèlerinages ont mis en valeur les paisibles ruelles aux maisons à pans de bois,
Sa cathédrale St Tugdual, en granit rose et gris, se dresse au milieu du vieux quartier,
Ici les touristes apprécient les craquants du Trégor, croustillants aux algues, biscuits des rois.
 
En allant au Cap Fréhel on chemine par landes colorées de bruyères et d’ajoncs chers aux butineurs,
Ses falaises déchiquetées de schiste et de grès rose avancent à pic dans la mer bouillonnante,
Épousant la forme du rocher, sa beauté séculaire aux couleurs rose séduit le promeneur,
Avec ses courtines bastillonnées servant de batteries de canon, Fort La Latte, forteresse étonnante.
 
Emblématiques de l’épopée de l’éclairage des côtes françaises, les phares guidaient les caravelles,
Souvent en forme de tours, ils sont équipés d’une lanterne abritant le feu à leur sommet,
Enfer ou purgatoire, malmenés par les tempêtes aux vagues mugissantes et surréelles,
Au rythme des relèves et des quarts, les gardiens jouaient le rôle de veilleur du feu sacré.

                                                                                                L’ARIÉ….JOIE

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