Un Eté en Jaune, Rouge & Vert - Site Poèmes & Diaporama de L'Arié...Joie

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Un été en Jaune, Rouge et Vert

Après avoir fleuri les coteaux et la plaine, le printemps s'est enfui vers d'autres horizons,
Ondulants dans un dernier frisson, les blonds épis de blé sont prêts pour la moisson,
Sous les chaleurs de plomb le ballet des moissonneuses entre dans la danse blonde,
Laissant couler l’or précieux dans les remorques, les botteleuses ornant les champs de balles rondes.

Ses fleurs qui s’éparpillent en éclats vermillon égayent nos campagnes chouchoutes,
Le coquelicot, ce prince des champs, orne prairies et bords de route,
Sur sa tige cylindrique et velue, au-dessus des feuilles fines et très découpées,
La fleur aux pétales rouge vif porte en son centre l’ovaire au bonnet de noir strié.

Plante mellifère, les abeilles la butine pour récolter le pollen sur ses étamines noir bleuté,
Plante messicole, Claude Monnet l’a mise à l’honneur dans ses « champs de blés rouges » d’été,
Plante médicinale depuis le Moyen-Âge on lui prête des vertus somnifères et antitussive,
Antan il donnait de la couleur aux paysages ruraux et l rougissait les blés de son éclaboussure massive.

Élégante et robuste, fleurissant les friches, les berges des cours d’eau et les talus des bourgs,
L’onagre joue les belles de nuit, sa fleur jaune souffre ne s’épanouit que le soir et se fane le jour,
Sur sa tige anguleuse dépassant le mètre, de nouveaux boutons éclosent le lendemain,
Chez celle autrefois nommée « le jambon du jardinier » pour la couleur de ses racines carmin.

Dans les vignes après un printemps maussade et humide, le vigneron craint la maladie,
L’heure des pulvérisations a sonné pour lutter contre le mildiou et l’oïdium ou blanc,
A la tombée de la nuit par des soirs sans vent il protège la vigne contre les parasites enhardis,
Contre le mildiou il a recours à la bouillie bordelaise, contre le blanc il utilise le souffre remédiant.

A la fin du printemps l’épamprage avait supprimé les rameaux infertiles appelés "gourmands",
Dans ses vignes palissées le vigneron accole les jeunes rameaux contre les fils de fer en rang,
Pour contenir sa croissance il rogne ou écime les pampres lui évitant d’être trop touffue,
Après la floraison, l’éclaircissage ôtera les grappes surnuméraires avant leur maturation venue.

Au verger estival, les abricots du cœur sont des soleils confits dans la bouche du temps,
Bergeron ou Rouge du Roussillon, à l'abri du feuillage ils ont muri lentement,
Piquetés de soleil, ravissants et pulpeux, ils offrent à la main leur galbe bienséant,
Ces rois de l’ été, quand flamboie la chaleur, véritables globes juteux fondent sous la dent.

Avec ses feuilles coriaces ovales et vernissées, aux revers plus clairs auréolés,
Le buis est devenu l’icône de l’art topiaire en haies, massifs ou sujets isolés,
Dans la Rome antique il décorait les villas, ornant les pelouses par ses formes animales,
De Versailles à Eyrignac et Marqueyssac, les jardiniers façonnent les broderies de buis géniales.

Dans la religion chrétienne, il est utilisé lors des cérémonies lui valant le nom de « bois béni »,
Mais on lui prête de multiples vertus aux origines païennes ancestrales sans déni,
Jeté dans l’âtre de la cheminée il éloignerait la foudre et l’orage ravageur,
Fixé aux portes des maisons ou sur les crucifix, il chasserait le mauvais œil du malheur !

Son bois dur et dense est particulièrement prisé pour la sculpture et le tournage,
D’une belle couleur jaune clair son grain fin est travaillé avec grande précision,
C’est le bois dont on fait les flûtes, les pièces de jeu d’échec, les grains de chapelet hors d’âge,
Dans le Périgord, il sert à la confection des manches-sabot des couteaux de Nontron.

Au printemps l’arbuste se couvre de minuscules fleurs à la couleur blanche coquillière,
Réunies en glomérules chargées de pollen et de nectar elles sont le paradis des abeilles ouvrières,
Quant aux fruits en été, leur capsule renferme des graines parfumées attirant les fourmis,
C’est par la myrmécochorie qu’elles favoriseront la dissémination de la plante, sa zoochorie.

Mais le buis connaît depuis peu son ravageur des parcs, un papillon venu d’Asie,
Espèce nocturne aux ailes blanches et brunes et irisations dorées, c’est la pyrale du buis,
Les femelles pondent les œufs sur les feuilles, dès leur éclosion les chenilles grignotent la verdure,
Les arbustes ressemblent rapidement à de la dentelle desséchée et blanchie, de triste allure.

Reconnaissables à leur corps vert clair strié de vert foncé et à leur tête noire luisante,  
En un mois, gavées de feuillage, elles atteignent les 5 cm de leur taille adulte imposante,
Après s’être engourdies, elles métamorphosent en chrysalide au sein des rameaux restants,
Trois semaines plus tard les papillons éclosent et le cycle redémarre, se renouvelant 3 fois par an.

Pour les éradiquer évitons les insecticides chimiques dangereux pour les pollinisateurs en liesse,
On peut cueillir manuellement les petites chenilles et les offrir aux mésanges qui les adorent,
En frappant les buis avec un bâton, sensibles aux vibrations, elles tomberont comme des météores,
Sauvant ainsi cet arbre sacré de la Grèce antique, symbole de la reviviscence des espèces.

Voici un infatigable drone miniature au corps trapu marron gris, butinant tout ce qui porte corolle,
Papillon de nuit aux ailes orangées, il se ravitaille grâce à son vol stationnaire et c’est le jour qu’il vole,
Surmontée d’antennes en forme de massue, sa tête possède d’étranges yeux ronds,
Sa longue trompe permet au sphinx colibri d’aller butiner le nectar au fonds des limbes profonds.

Profitons de cet été tout près de mon village, là où coule un petit ruisseau sous les frondaisons,
Admirons cette onde bouillonnante qui, tombant des rochers, semble nous enchanter,
Écoutons-là mugir d'une voix effrayante, courir dans le cours d’eau, gazouiller et chanter,
A l’heure où le soleil flambe le couchant sur la colline, tel un volcan se pâmant d’écarlate à l’horizon.
 
                                                                            L’ ARIÉ…JOIE

 
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