La Belle Endormie - Site Poèmes & Diaporama de L'Arié...Joie

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La Belle Endormie

Au creux des vallons de l’Artigue et de Mounicou  le sabotier et l’apiculteur comtal,
Écoutaient Pascalou le « pastre » et conteur du village de Marc gardant les brebis,
Qui aussitôt l’hiver passé, partait vers les hauteurs du pic du Montcalm,
A l’Orris de Pujol suivi de son troupeau avec Bergamote et Ficelle, ses chiennes amies.



Pendant les longs hivers, alors que ses brebis étaient bien au chaud pour la nuit,
Il passait de foyer en foyer conter ses histoires mystérieuses ou cocasses, tout réjoui,
Certains soirs, il se bornait à parler des étoiles, des planètes des constellations,
Et aussi des plantes et des animaux de sa montagne des Pyrénées en adoration.



Cette année-là, Pascalou monté plus tôt que d’habitude grâce à la clémence de l’hiver,
Le soir il aimait assister à la descente du soleil derrière la crête du Pic du Midi de Siguer,
Mais alors que le soleil amorçait sa descente il entendit l’orage fortement gronder,
Le ciel prit une couleur envoûtante, les brebis les unes contre les autres cherchant à se serrer.

Soudain, le berger aperçut là-bas une femme qui courait vers lui terrifiée,
Pascalou se porta à sa rencontre et elle tomba dans ses bras, toute serrée,  
Un coup de tonnerre ébranla la montagne et un éclair déchira le ciel électrifié,
Lorsqu’ils furent à l’abri dans l’Orris, il la fit asseoir et fut subjugué par sa beauté.

La jeune femme portait de très longs cheveux et de très beaux yeux rêveurs,
Lorsqu’elle lui parut apaisée il lui demanda qui elle était et la raison de sa terreur,
Mon nom est Arialle, je suis l’esprit de ces montagnes, mais j’ai très peur,
L’esprit de l’orage veut m’anéantir parce que je refuse ma main à ce possesseur.



C’est un être violent et je ne l’aime pas, la nuit passa et à l’aube Arialle s’en alla,
Craignant de ne plus la revoir le berger à elle toute la journée pensa,  
Il s’installa pour contempler la cime des montagnes et le disque d’or derrière glissant,
Quand la belle apparut, encore plus jolie que la veille, dans ses bras se jetant.



Ils passèrent la nuit ensemble, puis la nuit suivante et toutes les nuits après,
La saison passa rapidement et arriva vite le moment de redescendre dans la vallée,
Le dernier jour, par une température plus fraîche, le soleil brillait de tous ses rayons
Pascalou réunit le troupeau, Arialle l’avait quitté avant que le jour ne fasse son apparition.

Il prit son long bâton en main, donna le signal du départ mais sa bien-aimée lança un cri,
Il se retourna vivement et l’aperçut, sa belle chevelure au vent, courant vers lui,
Posant son bâton pour la rejoindre, un terrible grondement surgit et le ciel s’obscurcit,
D’un nuage gris acier un homme vêtu de noir dont les yeux lançaient des flammes, jaillit.

Avant que les deux amants n’eurent le temps de se rejoindre, l’individu s’approcha d’Arialle,
De sa poitrine sortit un éclair qui transperça la jeune femme et la terrassa, sans râle,
L’homme disparut aussi soudainement qu’il était apparu, évaporé,
Pascalou hurla sa douleur et se précipita sur le corps de sa bien-aimée.

Dans le hameau les gens scrutaient le chemin par lequel le berger rejoindrait sa bergerie,
Les premiers flocons tombaient sur le village mais Pascalou, personne ne vit,
Trop tard pour aller à sa rencontre, les villageois ne comprenaient ce qui s’était passé,
Alors que Bastien, l’enfant du village, était venu le voir la veille où tout semblait aller.

Aux beaux jours, Bastien partit un matin pour retrouver son ami à l’Orris de Pujol,
Lorsqu’il arriva, l’endroit était désert, point de Pascalou vers le col,
Mettant ses mains en porte-voix, il cria le nom des deux chiennes, sans réponse,
La journée était proche de sa fin et il décida de passer la nuit sur place, pour la pionce.

Le soleil commençait à disparaître derrière la cime des montagnes alanguies,
Quand la Pique d’Estats prit la forme d’une silhouette de femme allongée et endormie,
Dans le ciel dégagé survinrent des nuages nimbés de gris triomphant,
Certains se rapprochèrent, formant un corps d’homme au visage familier à l’enfant.



L’homme nuage s’allongea lentement près de la femme montagne et ils s’enlacèrent,
Bastien partit se coucher quand nuit et brouillard sur la montagne tombèrent,
Au petit matin, quelqu’un grattait à la porte, accompagné par des jappements,
Il ouvrit et fut assailli par Bergamote et Ficelle de joie et de bonne humeur, débordant.



Si les gardiennes sont là, se dit Bastien, leur maître et son troupeau ne sont pas loin,
Le troupeau paissait paisiblement derrière la cabane mais de Pascalou, point !
Pendant toute la saison, l’enfant s’occupa du troupeau avec les deux chiennes,
Chaque soir au sommet de la Pique d’Estats l’homme nuages rejoignait la sienne.

Le dernier jour, avant de redescendre de l’estive avec le troupeau des pâturages,
Il vit se diriger lentement vers lui un homme lui tendant la main
Bastien ne put retenir des larmes d’émotion, Pascalou lui raconta sa vie de baladin,
Il apprit, que le berger l’ayant accompagné pendant son enfance était l’Esprit des nuages.



Sa bien-aimée qu’il rejoignait chaque soir était l’Esprit des montagnes,
L’Esprit de l’orage se trompait en croyant l’avoir tuée,
Car chaque fois que la nuit avait étendu son long manteau sur la montagne,
Elle se réveillait et partait avec son amant dans une contrée bien cachée.

Bastien, je te confie le troupeau et mes deux amies, Bergamote et Ficelle,
Je sais que tu en prendras toujours soin, je ne serai jamais loin de toi et d’elles,
Dorénavant c’est toi qui seras le berger et le conteur de la vallée,
Tu connais mes histoires, je t’offre ma dernière, tu pourras la raconter.



Cet hiver-là, Bastien dû raconter des fois et des fois l’histoire de la belle endormie,
Lorsque la neige tomba sur ses cheveux, le vieux Bastien la racontait à l’envi,
Les gens ne savaient plus s’il s’agissait d’une histoire vraie ou d’une légende hors d’âge,
Dans le petit village de Marc règne toujours l’Esprit des Montagnes et l’Esprit des Nuages.



Quatrains poétiques de Guy l’Arié…..Joie
                                            Inspirés d’un texte de Jean-Jacques Billeau
                                       Il était une "Foix" en Ariège






                                                                         



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