Le Joueur de Flûte - Site Poèmes & Diaporama de L'Arié...Joie

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Le Joueur de Flûte



Il était une fois un garçon habile en beaucoup de choses, mais fort bon sonneur,
Il n'avait pas son pareil pour faire résonner sa flûte et faire danser les amateurs,
Un jour revenant d'une assemblée festive, en longeant la rivière sur le bord,
Un gros brochet étendu sur le sable, la bouche ouverte, semblait à moitié mort.

Bonjour joueur de flûte, dit le poisson, voudrais-tu m’apporter ton appui ?
Tout à l'heure, en sautant, je suis tombé hors de la rivière, je vais périr ici,
Remets-moi dans l'eau et si jamais à ton tour tu te trouves dans l'embarras,
Je ferai, moi aussi, tout ce que je pourrai pour toi, pour de sortir des tracas.



Le Joueur de flûte ramassa le poisson et dans la rivière le remit,
Il reprit son chemin, s'éloignant en sifflant tout guilleret,
Un peu plus loin, il entendit encore une autre voix près de lui,
Le garçon regarda à ses pieds où gisait sur le sable une fourmi blessée.  

Bonjour joueur de flûte, dit la fourmi, je voudrais te demander assistance,
Je ne peux plus me déplacer, je vais mourir si pour moi tu n’as pas de bienveillance,
Porte-moi à la fourmilière et si tu te trouves un jour avoir aussi besoin d'aide,
Je me souviendrai de ce que tu auras fait pour moi et trouverai un remède.



Le Joueur de flûte la ramassa et comme pour le poisson, la porta à la fourmilière,
Un peu plus loin se trouva aussi sur son chemin, une abeille pas fière,
Bonjour joueur de flûte, je viens de me déchirer une aile, je ne peux plus voler,
Peut-être qu'un jour ou l'autre je te revaudrai cela si tu me portes au rucher.



Le Joueur de flûte la ramassa avec grand soin, la porta au rucher et reprit son chemin,
Ce garçon était si adroit, que certains disaient qu'il devait être un peu magicien,
Si bien que le roi finit par avoir vent de tout cela et le convoqua au château,
Cet ordre étonna fort le joueur de flûte ayant grand'peur que ce ne fut rien de beau.

Arrivé au château le roi lui dit : on m'a assuré que tu avais un très grand pouvoir,
Et que tu venais à bout de tout ce que tu souhaitais faire, sans déboires,
Je veux savoir ce qu’il en est : tu vois cette clef, c'est celle de mon trésor,
Je vais la jeter dans la rivière, dans une heure rapporte là-moi, mille sabords !

Si tu ne me l'as pas rapportée dans une heure, je te fais pendre, haut et court,
Le roi se lève, s'approche de la fenêtre et jette la clef droit au milieu de l'Ariège,
Je suis perdu, pensa le Joueur de flûte, personne ne retrouvera cette clef dans ce cours,
Il s'en alla la tête basse, le long de la rivière, sans savoir que faire dans son passège.

Se creusant la cervelle, le pauvre garçon ne voyait aucun moyen de conserver sa vie,
Quand il aperçut tout d'un coup un gros brochet fendant l'eau et s'avançant vers lui,
Qu'as-tu donc aujourd'hui, joueur de flûte, tu n'es pas gai, ce me semble,
Tu es si soucieux, ce n'est pas pour rien, je veux savoir pourquoi tu trembles.

Le roi m'a fait appeler et il a jeté la clef de son trésor au milieu de l'Ariège,
Me disant que dans l’heure il me ferait pendre si je ne la lui avais pas rapporté,
Fichtre, ne te fais plus de mauvais sang, je peux te tirer de ce piège,
Le brochet plonge au fond de l'eau et dans sa bouche la clef reparaît.

Voilà le garçon content, tout l'or de la terre ne lui aurait pas donné plus de joie,
Remerciant bien le poisson, sans perdre de temps il court la présenter au roi,
Très bien répondit le roi, tu n'es pas un sot mais voici une autre trouvaille,
Je vais faire éparpiller un sac de millet dans le bois, au milieu des broussailles.

Si dans une heure tu n'as pas ramassé tout ce millet, il n'y a que la potence pour toi,
Voilà le joueur de flûte bien chagriné, sa mort était encore programmée par le roi,
Il se dirigea vers le bois, s'assit la tête dans ses mains, tout désolé de son malheur,
Les yeux fixés vers la terre il réfléchissait et aperçut une fourmi en plein labeur.

Te voilà bien sombre, joueur de flûte, qu’est-ce qu’il se passe, conte-moi,
Le roi a fait éparpiller un sac de millet parmi les broussailles du bois,
Il me fera pendre dans l’heure si jusqu’au dernier grain tout n’était pas ramassé,
C'est tout, répondit la fourmi, laisse là ta tristesse, je peux de l'embarras te tirer.

Te souviens-tu qu'un jour j'eus besoin de ton aide, je ne pouvais plus me traîner,
Tu me portas à la fourmilière, je te sauverai la vie, je n’ai rien oublié,
Elle revint avec toute la fourmilière, qui se répandit dans le bois de tous côtés,
Ramassant le millet en moins de rien, sans qu'il y eût un grain de laissé.  

Le roi vint contrôler et fut bien surpris de trouver tout fait comme il l'avait ordonné,
Il dit au joueur de flûte, c'est bien, mon garçon, c'est fort bien, tu es doué,
Tu as le diable entre les deux yeux, ce n'est pas à faux qu'on te vante,
Mais tu n'en es pas quitte encore, voici ma dernière épreuve motivante.

J'ai trois filles, belles et si ressemblantes que je les distingue à peine moi-même,
Demain, j'irai les conduire à la sainte table de l'église où nous sommes assidus,
Il faudra que tu saches me dire, devant tout le monde, quelle est celle qui t'aime,
Si tu devines, elle sera ta femme, tu l'épouseras, si tu te trompes, tu seras pendu.

Le pauvre joueur de flûte se trouva encore plus embarrassé que jamais,
Épouser la fille du roi, bon, ce n'était pas cela qui pouvait lui causer peine,
Mais ni de près, ni de loin, il n'avait vu aucune de ces trois jeunes reines,
Il s'en retournait donc tristement, comment reconnaitrait-il celle qui l'aimait ?

Pensant que tout était fini pour lui, une abeille à sa rencontre vola dans le chemin,
Et lui demanda ce qui lui était arrivé de fâcheux, qu'il faisait si piteuse mine,
Il lui conta son affaire, se voyait perdu, rien ne pouvait lui trouver une aide maline,
Détrompe-toi, dit l'abeille, te souviens-tu qu'un jour tu me trouvas sur ton chemin ?

Je venais de me briser une aile, tu me sauvas en me portant à la ruche,
À moi de te rendre service voici mon conseil pour demain matin, petit nunuche,
Quand le roi entrera dans l'église avec ses trois filles, je serai là, fidèle,
Tu me verras voler maintes fois autour de la tête de l'une d'elles.

Je ferai si bien qu'elle finira par agiter son mouchoir pour me chasser,
Regarde bien, ne te trompe pas, c'est celle-là qu’au roi tu devras désigner,
Le Joueur de flûte voulut la remercier, mais elle avait déjà disparu,
Il reprit donc son chemin, et s'en revint joyeux à la maison fort détendu.

Le lendemain à l’heure de la messe, le roi entra dans l'église avec ses trois filles,
Toutes trois ressemblantes, toutes trois bien faîtes, belles comme de beaux miroirs,
Le Joueur de flûte, tout émerveillé, suivait à quelques pas la royale famille,
Jamais, pensait-il, aucune de ces belles demoiselles ne me laissera d’espoir !

Quand elles se furent assises, arrivant à l'heure dite, il aperçut l'abeille,  
Elle vola et se mit à bourdonner autour des cheveux et du visage d’une d’elles,
Proche des paupières, tant qu'à la fin la fille du roi agita son mouchoir pour la chasser,
Le garçon se leva, disant au roi, celle qui chasse l’abeille est prête à m’aimer.

A peine avait-il achevé que l'abeille s'envola, avec un bruit joyeux, et disparut,
En même temps, le roi prit la parole et toute l’assemblée se tut,
C'est vrai, dit-il, c'est bien celle-là, puisque tu as deviné tu l'épouseras,
Le Joueur de flûte se vit au bout de toutes ses peines, et la fille du roi il épousa.


Quatrains rimés adaptés par l’ARIÉ….JOIE
d’un conte populaire de  Félix Arnaudin.






                                                                         



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