Le Moulin Rouge - Site Poèmes & Diaporama de L'Arié...Joie

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LE MOULIN ROUGE

Il y avait autrefois au pied du château de Lordat, sur les rives de l’Ariège, un Moulin Rouge.
Dans le petit village de Garanou, il se dressait tout blanc au milieu d’un bois où les saules bougent,
Construit par un riche meunier qui venait de se marier avec une jolie fille du Sabarthès,
Toujours tournant, toujours moulant le moulin broyait le blé de la contrée des Ariéjouès.



Puis un matin de juillet 1244, on annonça qu’une armée de Croisés s’avançait dans la vallée,
Après la chute du château de Montségur la troupe pillait les villes et les villages furent saccagés,
Avec une faux ou une fourche tous les villageois se dressèrent pour arrêter ces maudits bandits,
Et le riche meunier abandonna, non pas sa fortune, mais son moulin et sa Viviane chérie.

L’épouse pleura longtemps son mari et le moulin ne chanta plus sa chanson de travail et de vie,
Les adversaires se rencontrèrent à proximité du Col de Marmare dans la vallée de l'Hers en furie,
Comme des lions les Ariègeois se jetèrent sur les ennemis qui décimèrent les pauvres audacieux,
Torches allumées sur la Crête du Chioula la horde entonna ses chants de guerre victorieux.

Les familles du voisinage, effrayées, s’enfuirent, seule la meunière, au cœur vaillant, resta,
Alors que le soleil annonçait sa roue de lumière sur la vallée la troupe arriva au moulin de Garanou,
Un chef portant sur la tête des broderies luisantes, s’avança vers la porte et frappa,
Personne, sur un signe, quatre soldats armés de haches se rangèrent devant la porte, bien debout.

A peine eurent-ils levé les bras pour enfoncer leur arme dans le bois, qu’une grosse pierre tomba,
Lancée du château de Lordat elle fit reculer les soldats et les jambes de deux bandits elle brisa,
Violet de colère, le chef des Croisés, à la hache fît sauter la porte et tous dans le moulin rentrèrent,
Dans une clameur d’épouvante, par une trappe ouverte dans le plancher, dans les meules ils tombèrent.

Et le moulin, depuis quelques jours silencieux, se mit à nouveau à tourner, à moudre,
Mais au lieu de grains c’était des hommes qu’il broyait ! L’eau de l’Ariège devint vite rouge,
Dehors les hommes criaient vengeance, le moulin pris, les brutes assouvirent leur désir de foudre,
Nue et à moitié morte, la belle meunière fut jetée dans les meules et l’Ariège devint encore rouge.

Depuis, personne ne voulut faire tourner le moulin et celui-ci disparut lentement avec le temps,
Lors des longues soirées d’hiver il se raconte que les soirs de clair de lune rougeoyants,
Entre le vieux pont de pierre de Garanou et le pont du chemin de fer d’antan,
Une belle jeune femme nue vient se promener sur l’eau couleur de sang !




Quatrains poétiques de Guy l’Arié…..Joie
Inspirés d’un texte de Jean-Jacques Billeau
         Il était une "Foix" en Ariège.

                                                                       



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