Le Repas du Nouvel An de la Ménine - Site Poèmes & Diaporama de L'Arié...Joie

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Le Repas du Nouvel An de la Ménine



La vieille ménine n’invitait jamais personne, elle s’asseyait sur un cadiérou, près du feu où bouillait la marmite,
Elle trempait du pain rassis dans la soupe de son assiette et mangeait légumes et lard, vite,
Puis se levait avec précipitation le soir du Nouvel An, pour ouvrir toute grande sa grande armoire,
Elle parait la table d’une belle nappe, et se payait le luxe d’une bougie en replacement du calelh notoire .

Elle dressait le couvert avec huit assiettes plates à fleurs, trois plats, des verres, une bouteille de vin vieux,
   Sur le feu mijotaient les plats rituels : les haricots,  la merlussado, la morue à la béchamel et aux œufs,
La compote de pruneaux et de poires au vin rouge parfumés de cannelle, un bon repas paysan, notable,
Mais, la ménine ne débouchait pas sa bouteille, ni ne coupait pas en tranches le gros pain déposé au bout de la table.

À partir de minuit, la porte demeurait entrebâillée afin que les lents convives puissent rentrer aisément,
Et il se produisait toujours un signe qui marquait leur entrée : une poutre lançait son craquement,
Activé par un brusque courant d'air, le feu à moitié éteint pétillait allègrement,
Le chat ensommeillé se dressait, le poil hérissé, les yeux fixes, pleins d’épouvante avec un violent miaulement.

Les voici qui viennent !  murmurait la vieille ménine en se signant pieusement,
Pelotonnée dans son lit aux rideaux tirés, elle fermait très fort ses yeux qui ne devaient pas voir les revenants,
Huit ! Pas un de moins ! Sa mère, son père, le mari et ceux que la guerre ou la maladie lui avaient pris, ses cinq enfants,
Chaque nuit de l’An neuf les lui rendait pour une petite heure, le temps de goûter aux mets préparés avec amour par la maman.

Le “Maître” trouverait-il le vin assez fruité et la vieille mère les pruneaux assez sucrés ?
Quant aux cinq garçons, les braves petits, ils n'avaient jamais été difficiles, le repas serait apprécié,
La vieille femme, attendait, le cœur battant, que ses huit convives eussent leur repas achevé,
Puis, elle mangeait religieusement un peu de pain bénit par l’attouchement des morts et se couchait l’âme en paix.

                                                   Guy l’ARIÉ…..JOIE




                                

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